Un lieu unique de formation

Un «câbloscope» a vu le jour à Ormont-Dessus  dans le canton de Vaud.

Ce projet est né courant 2016, lors des échanges du projet lnterreg Formicâble (FORMation Innovation CÂBLE), porté, du côté français, par le Pôle excellence bois et le FCBA (institut technologique Forêt, cellulose, bois-construction, ameublement) et, du côté suisse, par l'Association câblage Suisse romande (ACSR). Ce projet vise la promotion du débardage par câble à travers  la formation, afin de maintenir le savoir-faire qui menace de disparaître dans les deux pays.

L'objectif principal de ce câbloscope est d'avoir à disposition, sur une dizaine d'années, un terrain d'exercice grandeur réelle, permettant de former des gestionnaires et des praticiens à la récolte de bois par câble en montagne. Il est implanté sur un massif forestier, ce qui permet l'analyse et la réalisation des techniques sylvicoles de câblage, la mise en pratique de méthodes de récolte du bois ainsi que l'observation et le suivi de la biodiversité liée au mode de gestion de la forêt.

Le plus difficile a été de trouver le lieu le plus adéquat pour développer ce projet unique. Après une étude approfondie et divers échanges entre les protagonistes, c'est le massif forestier situé au lieu-dit La Joux-Noire, sur la commune d'Ormont-Dessus, qui a obtenu les faveurs. Ce massif, localisé entre 1200 et 1600 m d'altitude, est classé en forêt de protection et présente des caractéristiques intéressantes, aussi bien du point de vue sylvicole que du point de vue de la biodiversité, avec un peuplement résineux mélangé. Les infrastructures forestières y sont également idéales pour l'accès des camions aux installations de câblage, avec des chemins en nombre suffisant et une place de stockage conséquente.

Le peuplement de ce massif a été cartographié, inventorié et analysé dans le cadre de plans de gestion, fournissant ainsi des données exhaustives précieuses qui ont été complétées par celles dont le groupe de travail a besoin pour les formations et le suivi du peuplement prévus au sein du câbloscope. Ce sont en tout près de  1900 arbres qui ont été  géoréférencés et caractérisés, le tout sur une surface de 6.7 hectares.

Plus concrètement, le câbloscope permettra aux forestiers de s'exercer à de multiples tâches: le traçage de lignes de câbles, le martelage de coupes orienté production ou protection, le câblage de ces coupes, le martelage en arêtes de poisson ou par trouées en mosaïque ainsi qu'à l'estimation des coûts du débardage par câble selon différentes méthodes de récolte. Tous ces exercices permettront aux forestiers d'affiner leur expérience quant à la prise de décision relative au câblage sur d'autres parcelles, complétant l'utilisation d'outils numériques déjà à disposition. De leur côté, les praticiens pourront s'initier ou se perfectionner au bûcheronnage pour le câblage, au câblage proprement dit et à l'organisation d'un chantier, de l'évaluation des risques à la gestion du tri et du stockage du bois. L'évolution de la biodiversité en lien avec les différentes interventions sera suivie grâce à la présence d'arbres habitats dans l'aire du câbloscope.

L'utilité de cette surface dédiée au câblage, unique en Suisse, voire au monde, ne sera pas restreinte à quelques métiers de la branche forestière. Au contraire, l'objectif est d'y attirer aussi bien les gestionnaires que les ingénieurs, en passant par les contremaîtres, les propriétaires de forêts, les entrepreneurs, sans oublier bien sûr les câbleurs et les bûcherons, il sera donc à disposition de toute personne intéressée par les méthodes spécifiques de débardage par câble en région de montagne.

Après un premier exercice pilote avec une vingtaine de forestiers et de câbleurs, l’ouverture officielle c’est déroulée le 31 octobre dernier au nouveau dépôt des forestiers au Sépey, avec près de 20 personnes présentes dont les autorités communales et cantonales. Précisons encore que le câbloscope sera géré de façon commune par le groupement forestier Leysin Les Ormonts et ses gardes forestiers, le CFPF du Mont-sur-Lausanne et l’ACSR.

Les dates des formations se font attendre, sachant qu’une importante liste d’environ 400 personnes intéressées est d’ores et déjà établie ! Plusieurs sessions seront prévues, mais il va donc falloir attendre avril 2020 pour profiter pleinement du potentiel de cet outil innovant !

 

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